Levée 6 h du mat : changer les litières, nettoyer les dodos, soigner les chatons, les nourrir… Prendre un café puis filer au travail , à la bourre comme d’habitude.


12h c’est la pause déjeuner. Ce moment où tu te détends avec tes collègues de travail, si seulement tu ne recevais pas une dizaine d’appels téléphoniques : appels à l’aide pour un chat malade, pour un chaton à attraper, pour demander des familles d’accueil, pour demander un conseil vétérinaire, pour des adoptions, pour des abandons.. Partir au magasin acheter de la pâtée et des croquettes pour le nourrissage du soir, faire une prévisite si le domicile n’est pas trop loin.. faire la comptabilité, vérifier les contrats d’association, faire les changements Icad..
13H reprise du boulot déjà fatiguée d’avoir couru à la pause.


17H la course reprend : partir dans Marseille , faire des km pour aller dans un quartier attraper une chatte malade, des dizaines de chatons coryzés, rencontrer cette misère animale et humaine car elles sont bien trop souvent liées… Passer chez le vétérinaire chercher des médicaments, déposer ou chercher des chats stérilisés, des factures .. Partir faire une prévisite pour un chaton de l’association puis aller nourrir 80 chats qui attendent leur pitance au milieu des voitures... Rentrer chez soi vers 22h, la boule au ventre d’avoir vu sur ses propres sites des chatons que tu n’as pas eu le temps de sortir, des nouvelles femelles jetées, pleines jusqu’aux yeux, des chats boitant blessés ou coryzés ou très sociables, ou tués par une voiture qui roulait bien trop vite !!!
S’occuper des chats ou chatons en accueil chez soi, changer les litières, nettoyer les yeux, les peser et les nourrir… Il est 23 h et il faut encore répondre aux messages des personnes qui souhaitent adopter (personnes qui perdent parfois patience ou qui ne comprennent pas qu’on est juste des bénévoles et qu’on a d'abord un travail à temps plein), qui souhaitent abandonner, des amies qui appels à l’aide, des demandes de conseils, demander des nouvelles des chats en accueil chez d’autres familles.. organiser la journée du lendemain pour être sûre de ne pas louper un RDV..


Il est minuit.. fin de la course. Tu te rends compte que tu n’as pas mangé, même pas pris le temps de boire, pas appeler cette amie qui a déménagé en Guadeloupe et que tu ne vois plus, pas demandé des nouvelles de la famille.. Se rendre compte qu’on passe à côté de tellement de belles choses. Cogiter, s'angoisser, puis encore réfléchir à des solutions pour des chats en détresse.. Puis dormir quelques heures et recommencer la course.

Le weekend end arrive tu devrais pouvoir te reposer.. Non la cagnotte n’a pas fonctionné, les factures attendent.. La course folle reprend !


Le samedi debout 7h pour changer les litières, nettoyer les dodos, soigner les chatons, les nourrir… Prendre un café puis filer à un magasin pour récolter de la nourriture pour nos chats, pour aider les nourricières qui sont toutes dans la même galère… Rester debout toute la journée, à sourire même devant des imbéciles qui nous répondent qu’il y a des causes plus importantes que la cause animale.. Quand il n’y a pas de collecte, il y a les manifestations pour informer, éduquer, essayer de changer les mentalités.. Il y a les samedi après-midi ou il faut trier du linge, des affaires qu’on t’a gentiment donné, pour mettre dans les abris des chats des rues, ou pour vendre aux vide grenier… puis après ces lourdes journées, il y a la tournée de nourrissage du soir..


Le dimanche.. Levée 4h30 ou 5h ; charger la voiture, décharger sur le stand du vide grenier.. Rester debout une bonne partie de la journée pour vendre un maximum d’affaires. Il faut payer les factures !! Recharger la voiture, la décharger à la maison. Tout ranger. S’occuper des chatons.. S’occuper de ses propres chats et chien aussi à qui nous manquons.. Puis repartir capturer des chats sauvages car un Rdv est réservé chez le veto.
La semaine recommence avec son lot de détresse animale.. Pour beaucoup d’entre nous, nous ne choisissons pas les sites ou nous intervenons. Nous ne choisissons pas les chatons que nous voulons sauver. Il y a des bonnes comme de très mauvaises surprises. Difficile d’anticiper tout cela.

Quand on pense qu’une grande ville comme Marseille laisse sans solution (pour les stérilisations) des centaines de nourricières depuis plus d’un mois !
Un mois et 6 jours que les chattes mettent bas car la spa n’a plus les subventions nécessaires, car les nourricières n’ont plus les moyens de payer chaque stérilisation 60 ou 80 €. Quand on se rend compte que pour nourrir 80 chats chaque jour, il faut 700 boites de pâtées de 400 g par mois (525€) et 140 kg de croquettes. Qui aide financièrement les nourricières chaque mois ? car outre le temps passé à nourrir, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’on soit malade, qu’on soit fatigué, il faut se rendre compte du prix que cela coute et de tous les sacrifices que nous devons faire chaque jour.
Alors ces nourricières, quand elles voient un nouveau chaton sur leur site, pensent à la vie de tristesse que celui-ci devra mener dans la rue, puis pensent (il ne faut pas se leurrer) à ce que coutera ce chaton supplémentaire à nourrir, stériliser, soigner pendant des années et des années sur leur site (s'il arrive à survivre pauvre chaton), enfin pensent à la vie insouciante et heureuse qu’il pourrait avoir au sein d’un foyer aimant. Alors c’est la course contre la montre, il faut le sortir de là et le donner à une famille d’accueil si elles arrivent à en trouver. Car il faut dire que les FA ne courent pas les rues (quand on en trouve une, on a du mal à la lâcher). Et lorsque des chatons arrivent de toute part dans la Famille d'accueil, les accidents arrivent aussi ., coryza, voire même typhus.. Ne parlons pas encore une fois des frais vétérinaires dans ces cas là…

Les associations, pour la plupart, n’ont pas de subventions. Elles ne fonctionnent qu’avec des adhésions, des dons.. Et quand les factures sont énormes, nous essayons de faire des cagnottes. Mais nous le savons, à force de voir circuler les cagnottes partout et les appels à l’aide.. certains n’ont plus envie d’aider..
Certains bénévoles doivent alors y passer la moitié de leur salaire ou plus encore…

Et si chacun d’entre nous devenait responsable ! Responsable de sa résidence, de sa rue, de son quartier, de son arrondissement.. En signalant des chatons, en ne fermant pas les yeux devant une minette sauvage pleine, en demandant un prêt de cage trappe, en participant aux frais de stérilisation dans son quartier ou si ce n’est pas possible, en demandant à chaque voisin une petite participation.. Si on devenait responsable en n’attendant pas qu’il y ait une trentaine de chats pour appeler une association, en se relevant les manches et en capturant soit même le chat avec la cage prêtée. En sensibilisant son entourage, son voisinage, ses enfants, ses parents, ses amis.. en participant une heure ou demie heure par semaine à la tournée d’une nourricière pour la soulager.. En achetant des croquettes ou des pâtées ou en participant aux cagnottes. Car oui bien souvent on entend dire « si vous n’avez pas les fonds, pourquoi continuez-vous à sauver ? » Parce qu’en se rendant sur place et en voyant cette misère, il est trop difficile de fermer les yeux et d’oublier. Parce qu’il y a bien trop de fois où il faut dire non.. Parce que chacun doit être solidaire..

Merci pour votre soutien à tous.
Association Charly le Blanc les chats de Provence.