Quelques masques traditionnels vénitiens

 

La bauta est constituée de trois pièces : une cape noire (le tabarro), un tricorne noir et un masque blanc en carton bouilli (la larva) d'un aspect particulier. Ce masque est en effet de forme quadrangulaire et la partie qui recouvre le bas du visage pointe nettement vers l'avant, ce qui offre assez d'espace pour permettre de boire et de manger sans avoir à le retirer. Le mot bauta signifie « domino » et désigne l'ensemble de cette tenue.

                          

 

 

 

 La bauta apparut à Venise à partir du XVIIIe siècle. Elle était portée indifféremment par les hommes et par les femmes. Très répandue pendant le carnaval, elle était aussi utilisée en dehors de cette période, lors de rencontres discrètes. Les peintres vénitiens, notamment Pietro Longhi, Francesco Guardi et Giandomenico Tiepolo, ont souvent représenté des personnages vêtus de la bauta.

 

Il medico della peste

 

 

 

Le costume est également associé à un personnage de la commedia dell'arte appelé Il Medico della Peste. Ce personnage porte un masque vénitien (en) typique dont la forme macabre ressemblant à un vautour est due à Charles de Lorme (en), premier médecin de Louis XIII. Le masque vénitien était normalement blanc, composé d'un bec creux, de deux trous destinés à être recouverts de bésicles de protection.

 

Les médecins de peste du XIVe siècle qui portaient un masque en forme d'oiseau étaient appelés « médecins bec ». Des sangles maintenaient ce masque de protection à l'avant du nez. Le masque avait des bésicles intégrés et un bec incurvé à deux trous pour la respiration. Le bec pouvait contenir des fleurs séchées (notamment des roses et des œillets), des herbes (notamment la menthe), des épices, du camphre ou une éponge de vinaigre. Le but était d'éloigner les mauvaises odeurs supposées être la cause principale de l'épidémie selon la théorie des miasmes  avant qu'elle ne soit réfutée par la théorie des germes

 

La Moretta

 

 

Masque ovale de velours noir qui était porté par les femmes pour leurs visites aux nonnes. Venue de France, la mode de ce masque se propagea rapidement tant la "moretta" se prêtait aux traits féminins.

Le masque était complété de voile, voilette, et petit chapeau à large bord.

La "moretta" était aussi très appréciée des hommes en raison d'une petite astuce : la "moretta" restait appliquée au visage grâce à un petit bouton que l'on tenait avec la bouche. Ce qui explique que ce masque était muet.

  

 

Polichinelle, Pulcinella en italien, est un personnage type de la commedia dell'arte, traditionnellement originaire de Naples.

  

 

 Certains le font descendre de l’ancien théâtre latin, affirmant qu’il est apparenté à Macchus et Kikirrus, bouffons impertinents et sots des Atellanes, dialoguant en osque, en grec et en latin. D’autres ont adopté une tradition selon laquelle un certain Paolo Cinella on Puccio d’Aniello, natif d’Acerra, paysan d’une tournure grotesque et d’un esprit facétieux, aurait été enrôlé dans une compagnie d’acteurs dont il aurait fait la fortune. À sa mort, un de ses compagnons aurait pris le costume, le masque et le nom légèrement modifié du bouffon campanien.

 

 Absent des représentations sacrées du Moyen Âge, Pulcinella fut tiré, au XVIe siècle, de l’oubli, renouvelé ou inventé par un comédien du nom de Silvio Fiorello, qui l’introduisit dans les parades napolitaines. C’est à Naples qu’il s’est le mieux maintenu, et le petit théâtre de San Carlino devint sa résidence officielle.

 

 Il représente le plus souvent un valet d’origine paysanne, rusé, grossier, simple, disgracieux, spirituel et gourmand. Vêtu de blanc, il est caractérisé par son fameux masque avec son nez en bec de corbin, sa bosse, son gros ventre et son parler imitant le cri des oiseaux.